Une échelle de la motivation
D ’après Henry MINTZBERG : « le pouvoir se définit comme étant tout simplement la capacité à produire ou modifier les résultats ou effets organisationnels »[1]. La capacité à motiver, ou plus précisément, à créer des contextes motivants est une composante fondamentale du pouvoir d’un manager dans son organisation.
Je me souviens d’un séjour, il y a quelques années, dans un club de vacances, une île de rêve, des cocotiers, plage blanche, mer transparente et poissons multicolores. Le principe du « Club » est d’offrir la possibilité de participer, chaque jour, à un ou plusieurs ateliers de son choix. Il y avait planche à voile, golf, roller, et d’autres qui ne concernent pas notre propos. De plus, chaque soir, un spectacle était organisé par un animateur spécialisé que nous appellerons Patrice.
Ces spectacles ont toujours été d’une excellente qualité et pouvaient se terminer fort tard, Patrice restait sur place tant qu’il sentait « de la demande ». Dans la journée, il était souvent présent, toujours prêt à faire rire ou à s’occuper des personnes qui attendaient le début d’un atelier. Pendant les repas, il était présent. Très souvent, il avait préparé des sketches ou des gags, d’une créativité extraordinaire, qui faisaient rire tout le monde mais qui devaient certainement, l’obliger à manger très vite et froid. Tout le monde le connaissait et l’appréciait. Il était constamment au service des autres, travaillait beaucoup, mais surtout, s’amusait beaucoup. Il semblait parfaitement autonome et personne n’aurais pu imaginer qu’il travaillait sur commande. Nous dirons qu’il était impliqué.
L’atelier « Roller » était parfaitement organisé. Le matériel était en bon état et régulièrement entretenu. L’animatrice arrivait avant l’heure. Elle était sympathique et souriante, toujours disponible, bonne pédagogue et soucieuse de la sécurité des participants. Les ateliers « roller » étaient toujours un bon moment. Ils se terminaient à 17h30 et en général l’animatrice partait entre 17h30 et 17h45 en laissant la clé du local à ceux qui voulaient continuer, afin qu’ils puissent ranger leur matériel. Elle était motivée.
La qualité de l’atelier « Golf » était beaucoup plus aléatoire. Il était tenu par un animateur sympathique et excellent technicien. Il réussissait des coups comme je n’en avais jamais vus.
Il lui manquait souvent du matériel et il lui arrivait d’être en retard. Il était capable du meilleur comme du pire. Certain jours, il s’occupait de vous avec attention et efficacité, vous donnant l’impression d’avoir fait plus de progrès en 2 heures que vous n’en aviez jamais fait de toute votre vie. D’autres jours, il passait son temps à discuter avec ses amis ou à rêver, à l’ombre sur sa chaise longue. Il donnait l’impression de travailler par à coup, en fonction de la pression que pouvait lui mettre le directeur du centre. Il était stimulé.
L’atelier « planche à voile » était tenu par une équipe d’excellent techniciens, capables de réaliser des prouesses sur une planche à voile et c’était la seule chose qui les intéressait. Lorsqu’un « gentil membre » venait pour apprendre à faire de la planche à voile, cela les ennuyaient profondément. C’est tout juste s’ils lui indiquait ou se trouvait le matériel, en veillant à ce que surtout, il ne touche pas à leur propre matériel. Leur aide et leur conseils étaient rares. Il faisaient intervenir la sécurité au tout dernier moment. Seule la compétition les intéressaient, ils n’avaient pas envie d’apprendre quoique ce soit à des débutants. Il y avait eu une erreur de casting et ils étaient démotivés.
Nous avons là quatre exemples de collaborateurs au niveau de motivation très différents. En extrapolant, nous vous proposons, ci-dessous, une échelle de la motivation en entreprise.
Echelle de motivation
| Niveau de motivation | Caractéristiques | Remarques |
| 1- Fanatique | Sa mission est plus importante que lui même. Passe ses nuits et ses week-end au travail | Risques pour la personne et son environnement. Durée dans le temps aléatoire |
| 2- Impliqué | Agit de façon autonome, en cherchant à toujours améliorer les processus ou les relations | Attitude « idéale » |
| 3- Motivé | Agit de façon autonome, en faisant ce qu’il faut pour que « cela marche » | Attitude acceptable, mais parfois insuffisante |
| 4- Stimulé | Agit sous stimuli extérieur, Récompense ou risque de punition | Attitude « courante », qui devrait rester transitoire. Risques d’épuisement du manager |
| 5- En survie | Fait le minimum pour éviter les ennuis, quoiqu’il arrive | A traiter rapidement |
| 6- Démotivé | Ne fait rien, quoiqu’il arrive | A traiter rapidement |
| 7- En rébellion | Cherche à nuire à l’organisation | A traiter rapidement |
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