Mercredi 17 janvier 2007
3
17
/01
/Jan
/2007
15:06
Vers une simplification efficace du Leadership Situationnel
Dans les années 60, dans un contexte paternaliste et autoritaire, centré sur la technique, Blake & Mouton eurent l’idée de situer le comportement du manager dans une grille à 2 dimensions : son intérêt pour la production et la technique et son intérêt pour les relations humaines.
Ils estimaient que le comportement le plus efficace est un équilibre entre les 2.
Quelques années plus tard, Hersey & Blanchard ont repris cette grille et l’ont développée en pensant que le comportement d’un leader devait constamment s’adapter au niveau d’autonomie de chacun de ses collaborateurs. Ils définirent l’autonomie comme étant la résultante de la motivation et des compétences du collaborateur.
Ils ont identifié 4 comportements type pour les leaders, les styles. Les 4 styles sont : Directif, Associatif, Participatif et Délégatif. Chacun de ces styles correspond à un niveau d’autonomie du collaborateur. Face à un collaborateur peu compétent et peu motivé, le leader sera directif ; Si le collaborateur est motivé et peu compétent, il sera associatif ; Si le collaborateur est peu motivé et compétent, il sera participatif ; Enfin, si le collaborateur est motivé et compétent, il sera délégatif.
Le Leadership Situationnel a l’immense avantage d’aider les leaders à individualiser leur façon de diriger. Cela leur permet de développer leur écoute, de plus s’intéresser à chaque collaborateur, à ses points forts, ses points faibles et ses possibilités. Il les aide aussi à développer leur flexibilité comportementale, à savoir se comporter différemment en fonction du type de collaborateur auquel ils s’adressent pour être plus efficace.
Il a cependant les inconvénients suivants :
- Les distinctions entre associatif et participatif, et entre participatif et délégatif ne sont pas très claires, ni très évidentes à manipuler sur le terrain.
- Dans la vie quotidienne, il est difficile de gérer quatre types de comportement différents. Le cerveau humain fonctionne plus facilement avec 2 ou 3 choix.
- La progression imaginée pour le développement des collaborateurs n’est pas toujours cohérente avec la réalité. Le Leadership Situationnel postule que les collaborateurs évoluent selon le schéma suivant : peu motivé/peu compétent, puis motivé/peu compétent, puis peu motivé/compétent et enfin motivé/compétent. Dans la réalité, les cas sont multiples, mais compétence et motivation ont tendance à se développer de concert.
- Le Leadership Situationnel n’intègre pas les récentes évolutions, en particulier le coaching.
Pour ces raisons nous proposons un modèle plus simple, bien que parfaitement en accord avec les grands principes du leadership situationnel, comme d’ailleurs avec l’ensemble des modèles existants (Hertzberg, Drucker, …) dont il se veut la synthèse pratique.
Les 4 styles sont remplacés par 3 actions fondamentales pour motiver durablement ses collaborateurs vers les objectifs de l’équipe : Clarifier, Associer et Coacher
Ces 3 actions couvrent un champ plus vaste car elles intègrent l’aspect « Communicateur » du leader, en particulier dans la clarification, et également son rôle de coach, incontournable aujourd’hui.
Par ailleurs, le modèle CAC présuppose que l’évolution des collaborateurs se fait, en général, selon le schéma : « peu motivé/peu compétent – motivé/compétent – très motivé/très compétent », qui nous semble être plus proche de la réalité.
Les actions à mener par les leaders sont : Clarifier pour peu motivé/peu compétent ; Associer pour motivé/compétent et Coacher pour très motivé/très compétent.
Ces actions sont à la fois progressives et concomitantes.
Cela signifie que le leader, face à un collaborateur très motivé/très compétent mettra l’accent sur le coaching, mais que, lorsque cela sera nécessaire, il clarifiera une stratégie ou un changement d’organisation.
Commentaires